Analyse d'oeuvre
Par :
Abou Khalil Rima,
4e1 en 2014.

Identification de l’œuvre :

Les trahisons des images
René Magritte
Europe, 1929,
Huile sur toile,
59 x 65 (cm),
Los Angeles, Musée d’art du comté

Description plastique

Cette œuvre est la représentation d’un objet situé au centre de l'oeuvre, tracé avec des courbes. L’artiste utilise plusieurs couleurs sobres pour l’objet avec un intéressant jeu d’ombre et de lumière qui suggère que cet objet est en trois dimensions. En plus de cet objet, l’artiste utilise la calligraphie. Le fond de cette œuvre a une couleur claire et sobre en même temps. On peut voir une certaine texture qui est très discrète.

Description des éléments figuratifs

Cette œuvre représente une pipe en trois couleurs : marron, doré et noir. Cette représentation de la pipe occupe un grand espace de l’œuvre. En dessous de la pipe, l’artiste a dessiné ou écrit une phrase : « Ceci n’est pas une pipe » avec des lettres attachées.

Interprétation

Dans cette œuvre, l’artiste questionne la réalité que les gens conçoivent en regardant une image. Cette image représente un objet réel, mais n’est pas cet objet. En regardant son œuvre, la réaction des gens est : Magritte a dessiné une pipe. Pour cette raison, Magritte ajoute une phrase sous sa représentation de la pipe : « Ceci n’est pas une pipe ». Ce n’est pas le réel. On ne peut pas fumer avec une image de pipe. Magritte questionne ce qu'est le réel. Est ce que ces représentations sont des illusions? Magritte évoque ce questionnement dans plusieurs de ces œuvres. Il s’intéresse à ce que l’être humain assume comme réalité. Dans une autre œuvre, La Clé des songes (1930), Magritte associe différentes images avec des mots qui ne sont pas en lien avec les images et aussi questionne s’il y a trahison entre image et langage. D’où le titre de cette œuvre : La trahison des images. Les images ou les représentations visuelles sont capable de nous trahir. On peut penser à l’illusion optique, aussi utilisée dans une des œuvres bien connues de Magritte : Le Blanc-seing (1965). On se demande où se trouvent le cheval et sa cavalière, devant ou derrière les arbres. Tout un mystère est évoqué.

Mise en relation

Magritte appartenait au groupe surréaliste de Bruxelles. Le mouvement surréaliste est défini par André Breton (1924) dans le Manifeste du Surréalisme comme étant :

«  un automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale [...] » (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Surréalisme).

Ceci veut dire que l’artiste s’exprime au delà de la raison et des idées préconçues venant des groupes auxquels il appartient, incluant les groupes culturels et intellectuels. On peut voir ces pensés surgir dans les œuvres de Magritte. Ceci n’est pas une pomme (1964) est une autre œuvre dans laquelle il questionne le réel aussi. Après tout, on ne peut pas manger une pomme peinte!

Professeur : Emmanuel Brasseur.